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Plan de lutte à la pauvreté : rattrapage financier pour les organismes communautaires financés au MTESS

Québec, le dimanche 10 décembre 2017 – Le Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA), qui représente 4 000 organismes d’action communautaire autonome au Québec, était présent au dévoilement, ce midi, du Plan d’action gouvernemental pour l’inclusion économique et la participation sociale.

 

Du rattrapage pour les organismes communautaires

Le gouvernement annonce un rattrapage financier important pour les organismes d’action communautaire autonome financés au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Après plusieurs années de campagnes de revendications menées par les groupes, le RQ-ACA accueille favorablement cette annonce.

Le ministre entend bonifier le Fonds d’aide à l’action communautaire autonome qui finance en majorité les quelques 300 organismes en défense collective des droits. On parle de 2,2M$ pour le prochain budget 2018-2019 avec une augmentation graduelle qui permettra d’atteindre 12,6M$ en 2023. « Malgré toutes les critiques qu’on peut faire de ce plan d’action gouvernemental,  il y a une bonne nouvelle pour les organismes communautaires dont plusieurs verront leur financement à la mission augmenter, affirme Caroline Toupin, coordonnatrice du RQ-ACA. Même si ces sommes ne représentent qu’environ 30% de leurs besoins réels et que les organismes sont loin d’abandonner leur lutte pour obtenir un financement adéquat, il s’agit néanmoins de la plus grande promesse d’augmentation depuis 2001. Après plus de 15 ans de stagnation, c’est un premier pas important pour ces groupes qui sont parmi les moins bien financés du milieu communautaire. Avec ces investissements, le ministre François Blais lance enfin un signal aux organismes financés par son ministère en reconnaissant qu’ils  jouent un rôle crucial dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, notamment sur le plan de la défense des droits sociaux, économiques et culturels. Le gouvernement a aussi annoncé des sommes supplémentaires pour les corporations de développement communautaire (1M$ à terme) et aussi pour les organismes qui oeuvrent en aide alimentaire.

Madame Toupin déplore toutefois que la majorité des sommes annoncées pour les organismes communautaires sera dépensée après les élections ce qui constitue, selon elle, une autre manoeuvre électorale peu subtile.

Le FQIS reconduit 

Le gouvernement reconduira, à hauteur de 160M$ sur 6 ans, le Fonds québécois d’initiatives sociales qui finance des projets de lutte à la pauvreté dont le milieu communautaire pourra bénéficier. Il faudra toutefois être vigilants, ajoute pour sa part, Claudelle Cyr, présidente du RQ-ACA. Les organismes communautaires ont une expérience mitigée du financement par projet des deux premiers plans de lutte à la pauvreté puisque ce genre d’investissement n’est souvent pas structurant, ni pour les organismes, ni pour les communautés. De plus, l’expérience démontre que beaucoup de cet argent reste coincé dans les structures administratives et ne se rend jamais jusqu’aux organismes.

Un plan d’action qui en abandonne plusieurs

Ce plan de lutte compte 43 mesures, dont une mettant en place un revenu de base pour les personnes ayant des contraintes sévères à l’emploi qui touchera 84 000 personnes.

« Ce qui est dommage, selon Claudelle Cyr, c’est que ce plan d’action laisse tomber trop de personnes, compte-tenu qu’il y a 800 000 personnes en situation de pauvreté au Québec ». Beaucoup de mesures sont des incitatifs à l’emploi pour les prestataires d’aide sociale.  « Ainsi, la prémisse de ces mesures n’est donc pas de sortir les personnes de la pauvreté, mais bien sortir les personnes de l’aide sociale afin de fournir de la main-d’œuvre bon marché à l’industrie », déplore-t-elle. Rappelons qu’environ 40 % des personnes en situation de pauvreté au Québec sont sur le marché du travail et que les ressources d’aide alimentaire regorgent de personnes qui travaillent. « Tant qu’on ne hausse pas le salaire minimum et qu’on n’améliore pas les conditions de travail, on ne fait que déplacer le problème », conclut madame Cyr.

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Pour information : 

Caroline Toupin

Cell. : 514-260-3786

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